Les places de port comme bien immobilier?
05 juin 2026
Je m’intéresse depuis peu à la santé et au fonctionnement de la commune de Vevey (et des débats qui s’y tiennent). En parcourant les comptes de l’année dernière, je suis tombé sur un point qui me semble intéressant.
La commune gère ses bâtiments locatifs de telle manière qu’ils génèrent un bénéfice, amortissements compris. Cela fait du sens : les bâtiments sont mis à disposition pour un usage privé, et la commune ne subventionne pas ses locataires (même si elle peut moduler les loyers de manière solidaire selon les situations).
Par contre, les comptes liés à la gestion des ports sont déficitaires (poste 412 des comptes 2025, page 67 du rapport annuel). Les ports coûtent à la ville 270’000 francs par année, tout compris. Les charges courantes sont couvertes par les frais d’ancrage, mais les investissements restent à la charge du contribuable.
Les tarifs d’une place de port n’ont par ailleurs pas été révisés depuis plus de dix ans. Par rapport à une place de parc (macaron à 480 francs par année, place privée entre 1800 et 2400 francs), une place de port reste bon marché, les moins chères étant à 260 francs par année.
La navigation est au demeurant un hobby coûteux, et non un besoin quotidien du citoyen. Le port affiche de surcroît une liste d’attente, signe que la demande dépasse l’offre, et qu’une hausse tarifaire ne ferait pas fuir les usagers. Je me demande donc pourquoi la location de places de port est très clairement subventionnée, alors que les biens locatifs ne le sont pas.
Serait-il envisageable de revoir les tarifs d’ancrage de manière à couvrir l’ensemble des charges, y compris les investissements? Gérer les ports comme un bien immobilier plutôt que comme une subvention déguisée aux propriétaires de bateaux serait une approche plus équitable, et contribuerait à un meilleur équilibre financier pour la commune.